Playlist ou surprise ? Et si le vrai sujet était ailleurs…
Il y a quelques jours, j'ai lancé une petite Question du jour sur les réseaux.Une question toute simple en apparence :
Quand vous décidez d'aller à un bal country & line dance, êtes-vous plutôt "Team Playlist" ou "Team Surprise" ?
D'un côté, la playlist annoncée à l'avance : on regarde les titres, on repère ses chorégraphies préférées, on compte parfois celles que l'on connaît,oui, oui, ne faites pas semblant, certains sortent presque la calculatrice 😄 et on sait à peu près à quelle sauce nos baskets vont être mangées.
De l'autre, le bal sans programme prédéfini : des demandes, des découvertes, une musique qui arrive sans qu'on sache forcément ce que l'on va danser dessus… Bref, un petit parfum d'imprévu.
Je pensais recueillir des « playlist ! », des « surprise ! » et quelques indécis.
Finalement, vos réponses racontent quelque chose de beaucoup plus intéressant sur notre façon d'aller danser aujourd'hui.
Et c'est précisément ce qui m'a donné envie d'en faire un article.
📋 La playlist gagne… mais pas forcément pour les raisons que l'on imagine
Soyons clairs : parmi les personnes qui ont pris le temps de répondre, la préférence pour une playlist est très nette.Attention toutefois : ceci n'est ni une étude scientifique ni un sondage représentatif de l'ensemble des danseurs. Ce sont simplement des témoignages, des habitudes, des ressentis recueillis au fil des commentaires.
Et ce sont surtout les raisons données qui sont intéressantes.
Car derrière « je préfère une playlist », il n'y a pas forcément :
« Je veux absolument savoir tout ce qui va passer. »
Il y a souvent quelque chose de beaucoup plus terre-à-terre : les kilomètres!!!
Et accessoirement… le prix du carburant. 😅.Plusieurs personnes l'ont dit très franchement : faire une heure de route, parfois beaucoup plus, pour finalement connaître très peu de danses et passer une bonne partie du bal assis, cela peut refroidir.
-Laurence a employé une expression particulièrement parlante : « rentabiliser le déplacement » par rapport au nombre de danses connues.
-Tony évoque lui aussi ces déplacements effectués pour finalement connaître peu de choses et se retrouver très peu nombreux sur la piste.
-Josiane résume encore plus simplement : lorsqu'un bal est loin, regarder la playlist peut tout simplement éviter un déplacement.
La playlist devient donc une sorte de contrat moral entre le flyer et les baskets :
Est-ce que ça vaut le coup que je prenne la voiture ? Et vu sous cet angle, je comprends parfaitement la démarche.
🚗 Plus le bal est loin, plus la playlist prend de l'importance
C'est probablement l'un des enseignements les plus intéressants de vos témoignages.
À proximité de chez soi, certains sont davantage prêts à tenter l'aventure.Après tout, si l'on ne danse pas énormément, on aura passé un moment avec des amis, découvert quelques chorégraphies, discuté… et la voiture n'aura pas eu le temps de réclamer un deuxième plein.Mais lorsque la distance augmente, le niveau d'exigence change.
-Céline explique par exemple que tout dépend de la distance : si le bal est loin, elle consulte la playlist et regarde si elle connaît suffisamment de danses avant de décider de se déplacer.
-Sacajawa évoque même l'hypothèse de trois heures de route. À ce niveau-là, effectivement, on ne part plus simplement chercher le pain. 😄
Et cela m'a fait réfléchir.Peut-être que la playlist n'est pas devenue indispensable au bal lui-même.
Peut-être est-elle surtout devenue indispensable à la décision d'aller au bal.La nuance est importante!
📝 Mais la playlist ne sert pas seulement à choisir son bal
C'est probablement ce qui m'a le plus surprise dans vos réponses.Plusieurs danseurs utilisent la playlist comme un véritable outil.
On la consulte avant le bal pour réviser les chorégraphies que l'on connaît un peu mais que notre mémoire a gentiment décidé de ranger dans un tiroir inaccessible.
- On repère celles que l'on aimerait apprendre.
- On regarde ce qui se danse dans les autres clubs.
- On découvre les tendances d'une autre région.
-Justine expliquait ainsi apprécier recevoir la playlist suffisamment tôt pour pouvoir réviser certaines danses, mais aussi pour voir ce qui se pratique dans le club qui reçoit. Et elle ajoutait quelque chose que j'ai trouvé particulièrement intéressant : si elle peut déjà danser une dizaine de chorégraphies, elle est contente.
Voilà qui remet aussi les choses en perspective.Pour profiter d'un bal, faut-il réellement connaître 40, 50 ou 60 danses ?Pas nécessairement.
-Béa utilise même la playlist pendant le bal : elle repère les chorégraphies qu'elle ne connaît pas et décide éventuellement de les apprendre par la suite.
La playlist devient alors autre chose qu'un programme.Elle devient une porte d'entrée vers la découverte.
Et ça, je trouve ça plutôt chouette.
🎁 Alors, la surprise est-elle morte ?
Heureusement que non !!!!Quelques irréductibles résistent encore. 😂
-Katy a répondu très simplement : « Pas de playlist 🤠 ».
-Isabelle expliquait que, sauf déplacement important, elle allait surtout là où son cœur l'emmenait, avec l'envie de retrouver les amis, de danser un peu, beaucoup… ou pas forcément.
-Et Tatalie a probablement résumé l'autre philosophie du bal avec beaucoup d'humour : si tu danses, super. Si tu ne danses pas, tu papotes, tu rigoles, tu observes… et il y aura toujours quelqu'un pour te dire :
« Allez viens, elle est fastoche ! » 😜....Et là aussi, je me reconnais dans quelque chose.
Parce qu'un bal n'est pas seulement une succession de chorégraphies cochées sur une feuille.
C'est également un moment social,des retrouvailles,des rencontre,une musique que l'on adore ou une danse inconnue que l'on regarde depuis le bord de la piste et qui nous donne envie de l'apprendre dès lundi...Et parfois une chorégraphie dont on était absolument persuadé de connaître les pas… jusqu'au premier restart. 😂
💡 Et si la meilleure formule se trouvait quelque part entre les deux ?
C'est peut-être là que vos réponses deviennent les plus intéressantes.Plusieurs personnes ont spontanément évoqué une solution intermédiaire :
une playlist… avec des danses à la demande.
-Véronique l'a formulé exactement ainsi.
-Brigitte apprécie également une playlist, puis des demandes, tout en conservant la possibilité d'essayer ce qu'elle ne connaît pas.
Autrement dit :donnez-nous quelques repères… mais ne nous racontez peut-être pas toute l'histoire avant qu'elle commence.
Une playlist suffisamment représentative pour permettre aux danseurs de savoir si le déplacement leur correspond, mais une programmation qui conserve une marge de liberté.
- Pour répondre à la piste.
- À l'ambiance.
- Aux demandes.
À cette chorégraphie que tout le monde réclame soudainement.Parce qu'un bal vivant n'est peut-être pas forcément celui où tout s'est déroulé exactement comme prévu.
🌟 Et lorsqu'il y a un workshop, les règles changent encore
Autre élément revenu plusieurs fois dans les commentaires : la présence d'un chorégraphe ou d'un workshop change complètement les attentes.
Lorsqu'on se déplace d'abord pour rencontrer un chorégraphe, participer à ses stages et découvrir son univers, le contenu précis du bal semble perdre de son importance.
-Laurence l'a joliment résumé : dans ce cas, le bal devient « la cerise sur le gâteau ».
Et plusieurs témoignages vont dans le même sens.
- On accepte davantage de regarder.
- De découvrir.
- De ne pas tout connaître.
Parce que la raison première du déplacement n'était pas nécessairement de battre son record personnel de chorégraphies dansées.
🤔 Mais pourquoi avons-nous autant besoin des playlists aujourd'hui ?
C'est finalement LA question que vos commentaires ont fait naître chez moi.
-Jeff a écrit quelque chose qui m'a interpellée :"les chorégraphies sont tellement nombreuses et les clubs tellement différents que nous avons de moins en moins de danses en commun."
Et là, on touche peut-être à une évolution profonde de notre activité.
- Chaque semaine apporte son lot de nouveautés.
- Les réseaux sociaux accélèrent leur diffusion.
- Les workshops nous font découvrir encore d'autres chorégraphies.
- Chaque animateur fait ses choix.
- Chaque club construit son répertoire.
- La country côtoie la new line, les anciennes danses vivent à côté des nouveautés…
Et forcément, lorsque deux groupes de danseurs se retrouvent dans une même salle, leur répertoire commun n'est plus toujours aussi important qu'on pourrait l'imaginer.
Alors peut-être que notre besoin de playlists est aussi la conséquence de cette formidable mais parfois vertigineuse abondance.
Nous n'avons jamais eu autant de danses à notre disposition.!!!!!!!!
Et paradoxalement, nous avons parfois peur… de ne rien pouvoir danser.Avouez que l'ironie est plutôt jolie...!
❤️ Finalement, Team Playlist ou Team Surprise ?
Après avoir lu toutes vos réponses, je n'ai surtout pas envie de désigner un vainqueur,ce n'était d'ailleurs jamais le but.La line dance n'a pas besoin d'un nouveau sujet pour déterminer qui fait « bien » et qui fait « mal ».Chacun se déplace avec ses contraintes, ses envies, son expérience, son budget, ses kilomètres, son niveau et sa manière de vivre la danse.
- Certains veulent savoir.
- D'autres veulent découvrir.
- Certains veulent danser pendant quatre heures.
- D'autres seront heureux avec dix danses, quelques découvertes et une bonne soirée entre amis.
- Et beaucoup semblent finalement vouloir un peu des deux.
Alors peut-être que la réponse se trouve simplement là :une playlist pour rassurer… quelques surprises pour vibrer… et suffisamment de liberté pour que la piste reste vivante.
Parce qu'au bout du compte, playlist ou pas playlist, lorsque la musique démarre et que quelqu'un vous lance :« Allez, viens ! Celle-là, tu la connais ! »…on sait tous très bien comment ça finit. 😄
- On se lève.
- On cherche le mur de départ.
- Et on danse. 💃🕺
Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre à cette Question du jour et de partager leur expérience. Cet article ne prétend tirer aucune statistique ni vérité générale : il est simplement né de vos témoignages, de vos différences… et de cette passion commune qui continue de nous réunir sur la piste.
Karolyna — Line Dance Attitude 24
